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Curcumine: arnaque ou miracle ?

Article de Resus Posté le 17-05-2019 Journal: "Bien-être,Santé,Beauté et Soin du corps"   47-Lot et Garonne

Curcumine: arnaque ou miracle ?


 

Réponses à certaines questions d’internautes déboussolés par le débat sur la curcumine

Chère lectrice, cher lecteur,

La bataille fait rage sur le Web entre partisans et opposants à la curcumine.

Pour rappel, la curcumine est un « polyphénol » (je reviens sur ce terme plus loin) qui se trouve dans le curcuma, une racine orange qui sert d’épice dans le curry. Le curcuma contient 2 à 5 % de curcumine environ.

Chez ses partisans (dont je fais partie), on attribue à la curcumine de nombreux bienfaits, à presque tous les niveaux du corps (cellules, organes, cerveau, articulations, artères, peau, tumeurs…).

On peut rire, se moquer, mais c’est ainsi.

« Pour la prévention et le traitement du cancer , des maladies inflammatoires , cardiovasculaires et neurodégénératives  » (Wikipédia sur la curcumine)

La curcumine est un polyphénol, c’est-à-dire une de ces jolies molécules de couleur qui teintent nos fruits, légumes et fleurs, et leur donnent leurs arômes.

Selon l’article de Wikipédia sur les polyphénols  :

« Leur rôle d’ antioxydants naturels suscite de plus en plus d’intérêt pour la prévention et le traitement du cancer , des maladies inflammatoires , cardiovasculaires et neurodégénératives . »

« Cancer », « maladies inflammatoires », « cardiovasculaires », « neurodégénératives » : les bienfaits de la curcumine s’appliqueraient pratiquement à toutes les maladies connues, en dehors des malformations congénitales !!

Les polyphénols, et en particulier la curcumine, sont-ils vraiment aussi puissants qu’on le dit ?

Les polyphénols sont des molécules anti-inflammatoires et antioxydantes, qui protègent contre les radicaux libres.

Ce sont des molécules naturellement présentes dans toutes les plantes. Leurs effets ne sont pas comparables aux médicaments chimiques.

Ils n’agissent pas contre une maladie, un symptôme. Ils contribuent à protéger le corps contre un ou plusieurs types d’agressions.

La curcumine étant un polyphénol, des capacités anti-inflammatoires et antioxydantes lui sont attribuées.

Cela voudrait dire qu’elle serait efficace pour mettre toutes les chances de votre côté contre toutes les maladies à composante inflammatoire ou oxydante.

Ce qui fait… une sacrée liste : maladies du métabolisme ( diabète), maladies cellulaires (cancers), maladies inflammatoires ( arthrose), maladies cardiovasculaires ( athérosclérose), maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson).

Selon le site de référence sur la complémentation nutritionnelle Examine, que je cite in extenso, la curcumine :

« est un polyphénol aux propriétés anti-inflammatoires qui peut atténuer la douleur, la dépression et d’autres problèmes liés à l’inflammation. Elle peut aussi accroître la production du corps en trois antioxydants : le glutathion, la catalase et le superoxyde dismutase.

De plus, il existe des preuves préliminaires (preliminary evidence) que la curcumine pourrait ralentir la progression de certaines formes de cancers, soulager le déclin cognitif lié à l’âge, promouvoir la santé cardiovasculaire (notamment en réduisant le niveau de lipides et la formation de plaques artérielles), limiter le risque de diabète et soulager les complications liées au diabète.

En elle-même, la curcumine a une faible biodisponibilité orale : vous absorbez une faible partie de ce que vous avalez. Parmi les méthodes créées pour résoudre ce problème, la plus commune consiste à la combiner à de la pipérine ou à des lipides, comme le BCM-95, Mériva…

Les doses allant jusqu’à 8 grammes de curcuminoïdes ne sont pas associées à des effets indésirables chez l’être humain, et les preuves in vitro suggèrent que la curcumine a un degré d’innocuité (sécurité) très élevé. »

Ce résumé est fait par des personnes sérieuses, sur la base de milliers d’études scientifiques publiées sur la curcumine (il y en aurait 12 500 en tout …).

Ces bienfaits sont-ils prouvés scientifiquement ?

Attention : la médecine n’est pas une science exacte, et la nutrition encore moins.

La biochimie du corps humain est complexe. Les problèmes alimentaires sont liés à tellement de facteurs différents que les études « scientifiques » en ce domaine sont très rarement suffisantes pour tirer des conclusions définitives et incontestables.

Mais soyons raisonnables.

Contester les bienfaits de la curcumine et des polyphénols équivaudrait à contester l’intérêt pour la santé des fruits et légumes eux-mêmes, puisqu’ils tirent leurs vertus, outre leurs vitamines et minéraux, des polyphénols qu’ils contiennent !

Je veux bien qu’on explique doctement que la curcumine ne sert à rien, qu’aucune des 12 500 études publiées n’est assez rigoureuse, assez précise, assez indépendante, pour qu’on puisse en tirer des conclusions pratiques.

Mais dans ce cas-là, il faut aussi arrêter de recommander aux gens de manger des légumes, des fruits, des herbes et des épices pour leur santé.

On n’a pas, et on n’aura jamais, d’étude en « double aveugle » contre placebo démontrant que les gens qui ont mangé des légumes et des fruits ont eu moins de maladies que ceux qui n’en avaient pas mangé.

En effet, une telle étude nécessite une répartition aléatoire où les patients ne savent pas dans quel groupe ils se trouvent. Or, pour l’alimentation, il est impossible que les gens ne se rendent pas compte du régime alimentaire qu’on leur fait suivre.

« J’ai lu que la curcumine était mal absorbée par l’intestin. Ça ne sert donc à rien d’en consommer ? »

Excellente remarque.

Vous avez bien lu en effet, peut-être dans l’article ci-dessus d’Examine : le seul argument valable contre la curcumine est qu’elle est mal absorbée par l’intestin (on dit « faible biodisponibilité »).

Mais le site Examine répond à la question :

Il faut pour cela associer la curcumine à de la pipérine ( extrait de poivre noir) ou à un lipide (graisse).

Les spécialistes ont travaillé sur ce sujet et ont trouvé des moyens d’accroître la capacité d’absorption de la curcumine par l’intestin. C’est le cas, par exemple, de la curcumine NovaSOL®, où la molécule de curcumine est « encapsulée » dans un lipide appelé « polysorbate 80 ».

Selon le détenteur du brevet de la curcumine NovaSOL®, cette formule multiplie l’absorption intestinale de la curcumine par 185 :

Cette méthode (il y en a d’autres) permet d’accroître considérablement l’absorption de la curcumine.

Vous évitez ainsi d’avoir à ingérer de grandes quantités de curcumine, qui ressortiraient pour l’essentiel telles quelles, de l’autre côté du tube digestif…

« 60 millions de consommateurs dit que le polysorbate 80 est dangereux pour les intestins, et peut donner le cancer. Est-ce vrai ??? »

Des sites de défense des consommateurs accusent le polysorbate 80 d’être cancérigène.

Rassurez-vous, c’est une fake news (fausse information).

Présenté comme un dangereux « additif chimique » à cause de son nom un peu compliqué, le polysorbate est en fait fabriqué à partir du… pruneau, avec des huiles végétales !! (Il tient son nom du sorbitol, qui n’est pas un produit « chimique » mais un sucre naturel qui se trouve dans le sorbier et qu’on retrouve en plus grande quantité dans le pruneau).

La « dangerosité » de ce produit est la même que celle du pruneau, dont les médecins de Molière connaissaient déjà les effets sur le transit intestinal ! « Et le soir, de petits pruneaux pour relâcher le ventre », dit Argan dans Le Malade imaginaire.

Avec un brin de paranoïa, des militants anti-additifs alimentaires, qui font par ailleurs un excellent travail, expliquent que le polysorbate peut irriter l’intestin, ce qui non seulement devrait inquiéter les personnes souffrant de rectocolite hémorragique et de maladie de Crohn, mais augmenterait le risque de cancer du côlon !!

On est un peu dans Dr Knock.

L’Agence européenne de la sécurité alimentaire a néanmoins réuni une commission qui a publié une « opinion scientifique » le 10 décembre 2018 .

Les conclusions en sont rassurantes. Elles indiquent qu’après avoir synthétisé toutes les données sur le polysorbate, il n’y a « aucune inquiétude » (« no concern ») concernant sa toxicité pour les gènes, pour le cancer, pour la reproduction ou pour le développement.

N’ayant rien observé sur les êtres humains et ne pouvant pas faire sur eux d’expériences trop extrêmes, des scientifiques se sont toutefois « amusés » à nourrir des rats avec des doses colossales de polysorbate (100 fois plus que la dose maximale autorisée pour l’être humain).

Résultat : aucun effet nocif n’a été observé.

« Puis-je soigner mon cancer avec de la curcumine ? »

La seule réponse raisonnable à cette question est : « À votre avis ? »

S’il y a de bonnes raisons de penser que la curcumine protège les cellules de l’oxydation et de l’inflammation, et participerait donc à renforcer nos défenses face aux cellules cancéreuses, vous n’avez, bien sûr, aucun espoir de traiter un cancer – qu’il soit ou non agressif – avec de la curcumine, pas plus qu’en buvant du vin rouge ou en mangeant des cerises (très riches, eux aussi, en polyphénols !).

Non, la curcumine fait partie, au même titre que la vitamine D, les oméga-3, les antioxydants de toutes sortes, la cannelle et le lycopène (rouge de la tomate), des produits naturels les plus bénéfiques pour notre corps.

Vous avez tout intérêt à ce que ces produits fassent partie, à tout le moins, de votre mode de vie quotidien.

Idéalement, depuis que vous êtes petit. C’est pourquoi les petits Indiens et Pakistanais, élevés au curry (riche en curcumine), partent avec un avantage considérable sur nous.

Dans ces populations, d’autres éléments de leur mode de vie actuel (excès de sucreries, pesticides, pollution) pourraient expliquer un taux plus important de cancers.

Mais toutes choses égales par ailleurs, vous contribuez à vous maintenir en bonne santé en intégrant de bonnes quantités de curcuma à votre alimentation quotidienne.

Cela pourrait faire la différence pour vous, le jour où…

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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